Apprendre « par corps » (partie 3)

Et si l’exploration motrice était à la base de tout apprentissage ?

On oublie souvent, dans notre système éducatif français, à quel point l’exploration et l’aisance motrice sont essentielles avant d’apprendre à lire, à écrire, à calculer…

Ecrire est notamment un acte complexe, qui « engage la motricité fine, la posture, la régulation tonique, la coordination visuo-motrice, mais aussi la structuration spatiale et temporelle » (Grandir par le mouvement : La psychomotricité comme socle éducatif – Neuro & Psycho)

Avant de pouvoir réaliser une tâche aussi exigeante, l’enfant doit pouvoir se retourner, ramper, marcher à 4 pattes, réaliser des mouvements croisés…

Zoom sur l’importance de l’une de ces étapes motrices : le 4 pattes

Après le ramper vient généralement l’étape du 4 pattes. Pour pouvoir adopter cette nouvelle posture, le bébé a besoin de développer suffisamment de tonus au niveau des bras, des abdominaux et du dos. Petit à petit, il va ainsi quitter le sol et se rapprocher de la verticalisation, tout en affinant progressivement son équilibre.

En se déplaçant à quatre pattes, le bébé continue de renforcer le tonus de son dos, qui lui sera notamment indispensable pour maintenir une position assise stable au fur et à mesure qu’il grandira. Le tonus des bras est lui aussi fortement sollicité. Il participera plus tard à sa capacité à se protéger lors d’une chute, mais également à être précis dans certaines activités, comme l’écriture.

Le déplacement à quatre pattes s’effectue de façon controlatérale : le bébé avance sa main gauche en même temps que son genou droit, puis inversement. Ces mouvements controlatéraux, déjà expérimentés lors du ramper, continuent ainsi à se développer. Ils permettront le passage de la ligne médiane, compétence sollicitée dans des activités comme la lecture ou l’écriture (cf. article sur le ramper).

Le 4 pattes offre également un véritable entraînement pour les yeux. Au cours de ses déplacements, le bébé alterne naturellement entre une vision proche et une vision plus lointaine. Il exerce ainsi ses capacités d’accommodation visuelle, qui seront notamment sollicitées à l’école, lorsqu’il devra passer du tableau à son cahier par exemple.

Cette étape constitue aussi un pas supplémentaire vers l’autonomie. Le bébé se déplace seul, explore davantage son environnement et va à la rencontre de ce qui éveille sa curiosité.

Un exemple de réflexe pouvant entraver le 4 pattes ? le RTL, ou Réflexe Tonique Labyrinthique

Lorsque ce réflexe reste présent, le simple fait de relever la tête peut entraîner une extension du corps. Or, cette extension peut rendre plus difficile, voire empêcher, l’installation et le maintien de la posture à quatre pattes.

Au cours du module Prêt pour l’école, on apprend les bases théoriques sur les réflexes primitifs mais on se met aussi en mouvement de manière ludique. On teste, on expérimente, on observe les changements… tout en s’amusant :).

Alors, prêt(e) pour cette belle découverte ?